Pour un premier article j'attaque un peu fort... je vais partager avec vous mon accouchement pas comme les autres, et les suites de celui-ci...

Je pense que, comme toute femme qui va devenir mère, j’ai passé les dernières semaines de ma grossesse à imaginer comment se déroulerait mon accouchement…. Et je n’aurai jamais imaginé ce qui c’est produit le jour J, ni même les jours d’après… Et je n’imagine pas ce que va être notre avenir à Body-je-Love (Mon Homme), La Loutre et moi.

Un accouchement est une étape importante dans la vie d’une femme, que ce soit son premier ou non. Et quand ce dernier ne se passe pas « comme prévu », ou plutôt comme elle l’a idéalisé, la femme, vaincue par le flot descendant d’hormones de grossesse, va mal. Encore plus si elle est séparée de son bébé seulement 4 heures après l’avoir mis au monde !

Et c’est ce qui m’est arrivé.

Jeudi 12 mai 2016 – 5heures

Je suis dans mon lit, mon ventre me tire, des petites contractions. Je me dis que ça va passer, j’ai l’habitude de ce faux travail. Une demi heure plus tard, elles sont toujours là, je me lève, prend deux spasfon et me remet au lit. Je sais que, si ce n’est pas le moment, le spasfon va calmer les contractions, j’essaie de me rendormir.

5heures 45

Elles ne sont pas passées, pire, elles sont plus fortes et à 5 minutes d’intervalle… Je reste couchée pour mieux gérer et chronométrer les suivantes. Une demi heure plus tard je réveille Body-je-Love « Mon Coeur, je crois que ça commence! ».

On reste dans le lit, je serre fort ma peluche à chaque contraction pour éviter de broyer les doigts de mon cher et tendre.

7heures 45

Ça fait plus de deux heures, l’Homme est douché et habillé, j'ai moi même tenté de prendre une douche, je me suis retrouvée en « grenouille » dans la salle de bains, vaincue par les contractions. On part pour l’hopital.

8heures 15

Je suis sous monitoring, le travail commence doucement (selon la sage femme parce que pour moi c’est pas doucement !!). Le col est ouvert a 3, la poche des eaux bombante. Marie (la Sage-Femme) me propose la péridurale… j’accepte sans hésitations, je pensais pouvoir gérer la douleur plus longtemps, mais ce n’est pas possible (rassurez-vous, je dis douleur mais c’est propre à chacune, certaines n’ont pas mal à ce stade). On me prépare pour la péridurale.

8heures 30

L’anesthésite et l’infirmière anesthésiste arrivent. La péridurale, ça fait pas mal quand on la pose, il faut juste gérer les contractions. Agnès, l’infirmière est face à moi, je suis couchée sur le côté, genoux repliés le plus possible et dos arrondi. Elle me parle, me félicite pour la gestion des contractions et me dis que tout va bien aller… si elle savait, si on savait ! Un quart d’heures après, la péridurale est posée, le produit agit, je n’ai plus mal, je sent les contractions mais elles ne sont plus du tout douloureuses.

8heures 50

Marie revient m’ausculter, toujours dilatée à 3. Le rythme cardiaque de bébé à un peu augmenté, il est passé de 140 à 165… rien d’inquiétant.

9heures

Retour de Marie dans la salle d’accouchement, le rythme de bébé est a 184… elle s’inquiète mais ne me dit rien pour le moment. Elle me demande si je vais bien. J’ai des tremblements, la péridurale d’après elle. Mon bras gauche me fait un peu mal, je suis tendue, j’ai froid. Je sais que le rythme cardiaque de bébé qui augmente c’est pas forcément bon signe. Marie me fait une injection pour accélérer un peu les contractions qui stagnent. J’ai mal au coeur, j’ai envie de vomir… ce que je fais… je réagis assez mal à la péridurale.

9heures 45

Marie revient, le rythme de bébé est presque a 200. Elle veut me ré-examiner. Je perds les eaux. Elle fait une petite grimace… Il y a du méconium dans le liquide amniotique, avec l’augmentation du rythme cardiaque de bébé elle est un peu inquiète. Elle me demande si je suis prête si on organise une péridurale. Je suis pour, si c’est mieux pour ma Fille, je n’y vois aucun inconvénient… c’est sa santé avant l’esthétisme de mon corps.

10heures 10

Marie revient avec l’interne en obstétrique. On m’examine encore, le col n’a toujours pas bougé. On m’explique que, avec le méconium (donc les selles de mon enfant) dans le liquide amniotique et l’augmentation du rythme cardiaque, ma Fille ne supportera peut-être pas un travail long et qu’on préfère me faire accoucher par césarienne. J’ai eu toute ma grossesse pour y penser, j’étais d’accord pour le faire, mais on est jamais vraiment prête à 100% pour une césarienne quand la grossesse c’est déroulée sans encombres et sans problèmes particuliers pour bébé. J’ai peur, mais Body est avec moi, il pourra assister à la césarienne. D’ailleurs on le lui propose d’emblée, et on le fait s’habiller… le rose lui va bien, je ris.

10heures 30

J’ai eu la grosse dose de péridurale, on m’emmène en salle de césarienne. On me prépare, Body n’est pas là, j’ai peur. Agnès voit que je ne suis pas rassurée, elle s’assoit à côté de moi et me parle. J’ai toujours cette sensation de froid, je tremble toujours. On me rassure en me disant que ça va aller.

11heures 19

Ca y est, on incise. C’est bizarre, je n’ai pas mal, mais je sens qu’on « trifouille » en moi, j’entend l’obstétricien de garde expliquer les geste à l’interne et la guider dans la manipulation, je n’ai pas peur je sais qu’ils savent ce qu’ils font.

11heures 22

La Loutre est là, elle pousse son premier petit cri. On l’emmène… avec Papa ! Je suis seule, je suis là et pas là en même temps, je ne réalise pas encore que je suis Mère. J’entend l’obstétricien demander qu’on vérifie la température de mon bébé, car moi je suis chaude « dedans »… je trouves ça bizarre. Mais je ne réalise pas vraiment.

Je ne sais plus qu’elle heure il est, j’ai perdu la notion du temps. Agnès va prendre La Loutre en photo, pour que je puisse la voir. Elle est belle… elle pleure, je l’entend… elle pleure beaucoup. Marie n’est pas loin, elle fait les allers retours entre la salle de naissance et la salle de césarienne. Elle me rassure, me dit qu’elle est jolie ma Loutre…

On m’emmène en salle de réveil, je dois y rester environ 2heures, le temps de retrouver les sensations dans les jambes. La Loutre me rejoint, avec Papa. Elle est dans un lit chauffant, elle a un peu de fièvre, elle est branchée à un appareil qui vérifie sa saturation en oxygène… ça ne fait que biper… quelque chose ne va pas.

Marie vient m’expliquer, Manon à un peu de fièvre et elle dé-sature un peu, on va la garder avec moi quelques heures pour voir comment ça évolue, elle a juste du mal a s’adapter… Ils ont quand même envoyé le placenta en culture pour vérifier la cause de la fièvre…

4heures ont passé… Marie revient… elle à l’air embêtée. Elle me dit que l’état de La Loutre ne s’améliore pas et qu’ils songent à la placer en néonat sous surveillance au moins jusqu’au lendemain… Oui… s’il le faut… on emmène ma Fille. On me prépare et on me monte en chambre.

Je suis entourée, je réalise pas trop ce qu’il se passe encore. J’ai du mal a bouger, j’ai un peu mal au ventre mais ça va. Nicolas, le Sage-Femme, vient me voir, il me demande si je vais bien, m’ausculte, et me dis que si j’ai besoin de quoi que ce soit je lui demande. « J’aimerai voir ma fille »… réponse négative… « Vous avez la sonde urinaire, c’est pas possible pour le moment, on ne pourra vous déplacer que demain, après le premier lever »… Coup de blues.

Les heures passent, Body peut aller voir Manon, il y va et m’envoie les photos… Elle est perfusée… Je sens que ça va pas vraiment… puis les mauvaises nouvelles commencent à arriver… le soir même.

Infection par streptocoque B, alors que j’ai été dépistée négative au prélèvement quinze jours avant !

On me dit qu’elle est sous antibios… pour au moins 7 jours… voire plus… et qu’elle devra rester à l’hôpital tout ce temps… coup de massue.

Le lendemain matin… elle a convulsé pendant la soirée… on va lui faire un IRM, si petite... elle a un traitement anti-convulsif…

L’après-midi, Body raccompagne sa Grand Mère et revient avec le Chef de Néonat… IRM en mains… Je vois l’image… un côté noir, l’autre blanc… c’est quoi ça ?! « Votre enfant a fait un AVC, un caillot à empêché l’irrigation de la partie locomotrice de son hémisphère gauche »… C’EST PAS POSSIBLE… pourquoi ?! Pourquoi nous ?! J’ai tout fait pendant ma grossesse pour éviter un soucis a mon enfant… « Vous n’êtes pas responsable… ça arrive plus souvent qu’on ne le croit… les bébés ont une élasticité cérébrale différente de celle d’un adulte, elle peut très bien se remettre »… Oui… mais elle peut aussi avoir des séquelles… lesquelles ? Comment le gérer ?… Trop tôt pour se prononcer

Une autre mauvaise nouvelle pointe le bout de son nez… comme le cerveau est touché, ils veulent modifier le traitement, et il y a un risque pour la Loutre de faire un arrêt cardiaque… il faut la transférer en service de réanimation… il n’y en a pas dans cet Hôpital… elle va aller dans un autre Hôpital de la ville… sans moi !!!! J’en peux plus, je craque, c’est trop… mon enfant a à peine 24 heures de vie et on me l’enlève ! On va essayer de me transférer… Ca prendra du temps car je vais avoir de la fièvre et je ne serai transférée qu’a J4 de mon accouchement.

Body fait les aller-retour entre l’Hôpital et la Réa néonat. Il m’envoie de photos de mon Bébé, je pleure… je ne sais pas si je tiendrai… « Il faut qu’on soit fort pour elle mon coeur ! »… Oui il le faut !

J4 – on nous parle d’une suspicion de méningite… c’est pas possible ! Pas ça… on peut faire pire qu’un AVC ?! Vraiment ?! J’ai peur !! Je sais qu’une méningite ce n’est pas bénin, et je n’aurai peut-être pas la chance de dire au revoir à ma fille s’il se passe quelque chose avant mon transfert.

J’arrive enfin dans le même hôpital que mon Bébé, il est midi ! Je dois attendre Body qui est allé chercher mon père à la gare pour aller la voir, car je ne suis pas capable de me déplacer seule et debout. 13h20… on va enfin la voir !! Elle est dans un lit chauffant, raccordée à pas mal de machines, fréquence cardiaque/respiratoire, saturation, sonde naso-gastrique, oxygène… mon pauvre Amour.

« La méningite à été écartée » nous annonce Camille, l’infirmière qui s’occupe de la Loutre ce jour là ! Je pleure de soulagement ! « Merci !! »

On est pas vraiment tirés d’affaire, elle reste hospitalisée en tout 12 jours, et depuis l’annonce pour la méningite, son état s’améliore au jour le jour. Elle passe de réa en soins intensif, puis en néonat ou elle ne reste qu’une journée, et enfin en chambre mère-enfant. Elle sort de l’hôpital sous traitement anti-convulsif car le dernier Electro Encéphalogramme montre encore des inflammations minimes. Elle a des rendez-vous prévus : EEG de contrôle, Neuropédiatre et IRM de contrôle tout ça dans son premier mois de vie.

Je n’ai pas pu allaiter… tant pis… elle mange bien au biberon.

Retour à la maison le mercredi 25, La Loutre est née le 12 ! On a peur… Le premier jour et la première nuit se passent assez bien. On se relaie avec Body pour les bibis… et on fait face au retour à la maison. La Loutre qui était si calme à l’hôpital devient ronchon, pleure de plus en plus, se tortille… les coliques ? Certainement… on essaie tout, position, chaleur, chant, berceuse, portage en écharpe…. Certaines choses marchent… une fois… puis ça recommence… On angoisse, car elle tremble pendant ses crises de pleurs… Pour se rassurer on va aux urgences pédiatriques… Elle a mal au ventre. Certainement les coliques, mais comme elle a un traitement, on va essayer de la soulager avec du Débrida, histoire de l’aider un peu, même si ce ne sera pas magique si ce sont des coliques… On change son lait… ça coûte rien même si c’est pas sûr que ça marche direct… Les probiotiques aussi, pour l’aider à faire sa flore intestinale et limiter les douleurs dans les jours suivants… Ca fonctionne, elle est même limite constipée... mais le rendez-vous chez l'ostéopathe améliore les choses pour son transit.

J’ai du mal a récupérer de la césarienne perso… j’ai du mal a dormir… J'ai mal, les douleurs apparaissent seulement maintenant, trois semaines après l'intervention... j'aurai pas du forcer autant les jours d'avant... Body m’aide du mieux qu’il peut, mais il n’a pas l’habitude d’entendre les pleurs d’un bébé et il s’angoisse vite encore… il se met un peu à l’écart au début… je ne lui en veux pas… ça viendra… il saura gérer au fur et à mesure. Et aujourd'hui il gère de mieux en mieux... J’arrive encore à m’occuper de la Loutre sans tomber de fatigue… espérons que ça dure assez longtemps pour qu’on passe le cap des pleurs du crépuscule (je vous en parlerai dans un prochain article de ceux là...) et la visite du 15 juin pour l'EEG et le pédiatre, histoire de tout mettre à plat, et éventuellement qu'on arrête le Gardenal.